Dienstag, 7. September 1999

CEE- CJCE 26/1/1999 F-C Terhoeve, aff-C-18/95

CEE- CJCE, 26/1/1999. F-C Terhoeve, aff-C-18/95

Fiscalité. Incompatibilité entre une règle nationale et le Droit Communautaire. Rôle du juge national.

La CJCE a souligné la réalité des droits qu'elle reconnaît aux ressortissants des Etats -Membres, y compris dans le domaine fiscal. Se basant sur la jurisprudence qu'elle a développée pour instaurer une égalité de traitement entre hommes et femmes dans la Communauté, elle a, dans l'affaire visée, jugé que le juge national pouvait écarter les dispositions du Droit national, contraires au Droit Communautaire (art.48 du Traité CEE), qui discriminaient certains citoyens vis-à-vis du régime fiscal général. Cette décision autorise de fait une sanction de l'Etat indifférent au Droit Communautaire, par une possible réduction de ses recettes fiscales.

English.

Tax Law. Non compatibility of national rules with EEC Laws. National judge's powers.

The ECJ insisted on the reality of the rights recognised by EEC to citizens of Members States, included in Tax law matters. On the grounds of the jurisprudence developed for equality of treatment between men and women within the Community, the Court, in the above said case, decided that the national judge is entitled not to implement national rules when they discriminate part of the citizens, regarding the general Tax Law regime, thus infringing Community Law (Art. 48, EEC Treaty). This decision, allows, de facto, to sanction of the State, through possible reduction of its tax resources, when it does not respect EEC Laws.


CEE- CJCE, 21/1/ 1999, aff.C120/97, Upjohn Ltd
Français.

Contrôle du juge National quant à l'application d'une directive communautaire.

La Société Upjohn Ltd, propriétaire au Royaume-Uni de la marque d'un médicament contre l'insomnie protesta contre le retrait de celui-ci du marché par les autorités nationales. La Licensing Authority disait avoir respecté, ce faisant, les dispositions de l'Article 11 de la directive 65/65/CEE du Conseil (26/1/65) qui autorise tout Etat-Membre à retirer de son Marché National une spécialité pharmaceutique qui s'avère " nocive dans des conditions normales d'emploi". Un meurtre familial, commis par une personne consommatrice de ce médicament hypnotique, est à l'origine de la décision de la Licensing Authority.

La Société Upjohn Ltd, devant les tribunaux nationaux, avança qu'un contrôle juridictionnel de la décision de retrait était nécessaire, selon le Droit Communautaire, permettant au juge national de vérifier, en Droit, comme en fait, l'adéquation de la décision prise par les autorités aptes à délivrer les autorisations de mise sur le marché. Le seul contrôle de ces autorités serait en opposition avec la protection des droits octroyée par le Droit Communautaire.

La CJCE se prononça sur la procédure suivie pour effectuer ce retrait.

Elle souligna l'existence d'un recours contre de telles décisions imposées aux Etats (Article 12 de la directive), ainsi que l'autonomie dont bénéficient les Etas-Membres pour mettre en oeuvre les directives communautaires, en respectant les principes d'équivalence et d'effectivité de la protection mise en place. Le principe d'effectivité ne nécessitait pas que l'avis technique d'autorités compétentes soit remplacé par l'appréciation des faits par les tribunaux. Cet avis technique ne peut être soumis qu'à un contrôle de légalité restreint. La Cour conclut alors que le juge national n'a pas à effectuer un contrôle plus approfondi que celui qu'effectuerait la CJCE elle-même. Le contrôle du juge National ne peut être plus étendu dans le suivi indirect du Droit Communautaire que celui effectué par le juge communautaire lui-même, dans son suivi direct.

English.

National Judge's Control over the Implementation of an EEC Directive

The Upjohn Company, owner in the United Kingdom of a brand for a medicine against insomnia, claimed against the removal of its medicine from the market by national authorities. The Licensing Authority said it had applied the contents of Article 11 Directive 65/65/CEE of the European Council (26.1.65) which allows every Member State to remove from its national market a pharmaceutical product when proved " dangerous in normal use ". A murder within a family, committed by a consumer of that hypnotic medicine, was the ground for the licensing authority 's decision.

The Upjohn Company LTD, pretended, before national Courts, that a legal control of the said decision was necessary, according to EEC Laws. This procedure should allow the national judge to check laws and facts, and decide if the authorities delivering authorisations for sale took the right decision. Their unique control could be in opposition with the rights accorded by EEC laws.

The European Court of Justice gave its opinion on the procedure followed to remove the medicine from the British market.

The Court enhanced that an appeal procedure was existing against such decisions in every Member State (Article 12, cited Directive). Member States were autonomous in the implementation of European Directives, as long as they respect the principles of equivalence and effectiveness for the legal protection they choose. The principle of effectiveness did not imply that the technical judgement of competent authority be replaced by the Court appreciation of facts. This technical advice could only be submitted to a limited control on its legal nature. The Court settled that the national judge was not bound by conducting a control more extended than the one the ECJ would do. The national judge, with an indirect control on EEC Laws' implementation, cannot go further than the EEC judge.


Directive Européenne sur les OPA pour l'Automne 1999 (Commission Européenne).
Français.


Un projet de directive européenne sur les OPA doit être soumis au Parlement européen à l'automne.
Il comporte déjà les points suivants :
la directive sera obligatoire, d'ici à deux ans.
L'offre publique d'achat devra être faite sur 100% du capital au-delà d'un certain seuil. Ce seuil sera fixé par les Etats eux-mêmes, avec un plafond de 50%.
L'acceptation de l'offre devra intervenir entre deux et dix semaines.
Lors d'une d'offre, le conseil d'administration devra convoquer une assemblée générale, s'il souhaite prendre des mesures de protection.

Les Etats–membres négocient encore :

L'Allemagne souhaite imposer dans les offres publiques l'option d'un règlement en cash. Elle veut raréfier les fusions de géants par le biais d'offres publiques d'échange toujours plus nombreuses.
Le Royaume-Uni souhaite interdire les recours juridiques contre les décisions des autorités boursières. Il entend préserver son Take Over Panel qui est un organe de recommandations.
La Belgique demande l'instauration d'une dérogation à la convocation obligatoire d'une assemblée générale pour établir des mesures contre une OPA.
Le Royaume-Uni et les Pays-Bas refusent l'option des autres Etats-membres sur les règles applicables lors d'un litige issu d'opérations boursières visant une Société cotée à l'étranger. Cette option consiste si le litige relève du Droit des sociétés, à adopter le droit du siège, et si le litige relève du Droit boursier, à adopter le droit de la place de cotation.

English

The project of an EEC directive on Public Offers should be submitted to the European Parliament this autumn.

It comprises already the following elements :

the directive will be compulsory within two years of time
the public offer should be done on 100% of the capital above a certain amount of offer. This amount will be fixed by the States themselves with a ceiling of 50%.
The acceptance of the offer should be given in the delay of two - ten weeks.
When an offer is made, the board should call for a general assembly, before taking any protective mesures.

The Members States are still in negotiation :

Germany wishes an option for a payment in cash to be made compulsory in public offers. Germany wants to diminish the giant mergers through public offers for exchange more and more numerous.
The United Kingdom wants to forbid legal actions against panel Authorities' decisions. This country intends to save its Take Over Panel which is a structure for recommendations.
Belgium asks for a derogation to the compulsory convocation of a general assembly in order to take measures against a Public Offer.
Both, the Netherlands and the United Kingdom are opposed to the option selected by the other Member States for rules applicable in a litigation resulting from panel operations with a company quoted abroad. That option leads to adopt the law of the head office, if the litigation is linked to company law, and to adopt the law of the place of quotation, when the litigation is linked to the Panel law.

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